Anxiété et pandémie : quand la jeunesse s’isole malgré elle

Avec la fin de l’hiver et l’aube d’un nouveau printemps qui émerge, on ne peut passer sous silence que le mois de mars 2022 marquera officiellement deux ans de vie pandémique. Entre des périodes de confinement répétées et des relâchements longtemps espérés, il importe de se rappeler que les différentes strates de la population ont vécu cette pandémie de façon bien différente, à commencer par les jeunes d’âge secondaire et postsecondaire.

Une génération sacrifiée par lisolement?

En effet, si certains jeunes ont su naviguer à travers les hauts et les bas de cette longue période d’incertitude, plusieurs autres se retrouvent malheureusement avec un état mental fragilisé. Une récente étude menée par Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke pour le compte de la Direction de la santé publique de l’Estrie a révélé que « […] près de la moitié d’entre eux (48 %) présentent des signes inquiétants d’anxiété généralisée, voire de dépression majeure »[1] et cela s’est accentué depuis 2020. L’isolement social et le temps d’écran décuplé en raison de l’école à distance auront penché dans la balance pour expliquer, en grande partie, l’augmentation des problèmes psychologiques. La transition de l’adolescence à l’âge adulte se trouve également troublée et vécue en réclusion, ce qui va à l’encontre de la socialisation naturelle qu’implique normalement cette période de vie. Finalement,  l’annulation, des activités scolaires et parascolaires est aussi un facteur aggravant souvent énoncé par les jeunes pour expliquer la dégradation de leur santé mentale.

Des professionnelles à l’écoute

Heureusement, cette situation pandémique est temporaire. La jeunesse peut compter sur l’aide d’intervenants pour décompresser et avoir une oreille attentive qui saura les guider et les soutenir avec bienveillance. C’est le cas partout au Québec, mais tout spécialement dans les régions nordiques qui sont naturellement plus isolées en raison de leur éloignement géographique. Les professionnelles de la santé qui œuvrent dans ces communautés font plus qu’offrir des soins physiques : elles travaillent à unir différentes expertises (thérapeute, travailleuse sociale, psychologue, etc.) afin de proposer de l’aide psychosociale aux jeunes en détresse. Dès lors, le lien de confiance est la clé pour que ceux-ci se sentent en sécurité et acceptent l’aide offerte.

Pour faciliter l’adaptation à cet isolement forcé, l’Ordre des psychologues du Québec[2] conseille aussi de maintenir une routine de vie similaire à celle que l’on avait avant la pandémie. Le tout peut se faire en ponctuant son horaire de cours en ligne avec des périodes d’activité physique et d’autres pour réaliser des activités sociales —  jouer d’un instrument, apprendre une nouvelle langue ou dessiner par exemple —  afin de maintenir un équilibre de vie sain. Les communications virtuelles via les différentes plateformes existantes peuvent également aider à garder la conversation ouverte et entretenir des liens forts avec son entourage (amis et famille) plutôt que de rester seul. Outre le travail personnel, il serait important d’envisager la reprise des activités scolaires et parascolaires à l’extérieur lorsque possible pour briser l’isolement et ramener les jeunes vers un niveau de socialisation adéquat.